vendredi 29 juin 2012

Pendant que Professor est au Canada

Avec 24h de retard (nous sommes rentrées "tard" Jeudi), nous allons vous raconter notre journée de Jeudi.

Cette semaine, le professeur est au Canada avec un de nos collègues pour présenter un papier à Vancouver. 

Pendant que le professeur est au Canada, c'est le calme plat au laboratoire. La moitié des gens sont partis à Jeju Island pour une autre conférence. Perso, une conférence à Jeju, je trouve ça suspect. Les plages, le parc de l’érotisme, tout ça. Mais les coréens étant tellement sérieux quand il s'agit de travail, que j'ai bien peur qu'ils y soient vraiment allés pour la conférence. L'incompréhension des cultures fait toujours rage ici ! Ajoutons nos deux collègues Cambodgiens partis pour un job d’été, même si sur ordre du professeur ils doivent revenir toutes les fins de semaines pour rattraper les nombreuses heures à ne rien faire devant Youtube. Il en résulte que Mercredi nous étions 5 dans le laboratoire. Comme d'habitude nous étions débordés par le travail et donc occupéà planifier nos weekends et à regarder des vidéos avec des chats sur Youtube pendant que la Python de Frédéric plantait. Et c'est à ce moment que nous avons songé qu'il n’était peut-être pas indispensable que l'on vienne Jeudi (avant-hier) pour faire tellement de choses palpitantes au laboratoire. 

Etait-ce l'absence du regard paternel et bienveillant du professeur (copyright Fred) qui perturbait nos efforts studieux ? Ou bien l'angoisse de devenir comme nos collègues, incapables de ressentir le moindre besoin de sortir et d'être jeunes, et de finir nous aussi à venir pour ne rien faire avec un sérieux et une assiduité pouvant rendre dépressif, à venir compulsivement avec plus de stupeur et plus de tremblements, attendant avec angoisse les instructions de la voix sortant des tréfonds du téléphone, ou bien qu'un éclair de génie nous frappe ?  Ou encore, était-ce le désir de respecter nos engagements auprès de n+i en nous rendant à l'ambassade pour enregistrer Fred et voir pourquoi mon email de Février s’était perdu ? Je ne saurai le dire, peut-être un peu des trois.
C'est donc sans prévenir les rares pèlerins encore présents au laboratoire cette semaine que nous avons décidé de prendre notre jeudi. 

Au programme du matin, visite à l'ambassade de France qui est ouverte au public entre 9h et 12h, sauf quand les phases de la lune ne sont pas bonnes et c'est alors fermé le lundi.
Bref, le matin donc ambassade et nous devions ensuite boucher l’après-midi de façon improvisée et économique, avant de nous rendre le soir à la GSL pour voir les matchs du groupe de la mort : Squirtle, MC, Symbol, MarineKing Prime.





Nous sommes arrivés vers 11h à l'ambassade, sans nous perdre, et avons été accueillis dans un premier endroit par un coréen qui visiblement ne parlait pas français et à qui nous avons expliqué que nous voulions nous rendre à la section consulaire afin de faire (ou de finaliser ?) notre inscription au registre des français expatriés. Après avoir récupéré nos badges de visiteurs et avoir franchi le sas d’entrée, nous avons pu entrer  dans la cours de l'ambassade, puis dans la partie consulaire. 




Nous avons ensuite été accueillis par la responsable qui s'occupe des français à l’étranger, des enregistrements, de l'état civil, tout ça tout ça, et qui nous a donc demandé, en français cette fois, pourquoi nous venions :
- "Nous voulons nous enregistrer comme français résidant en Corée."
- "Vous restez combien de temps ?"  
- "Un an."
- "Ha oui, un an il faut s'enregistrer ! Je vous cherche les formulaires ... Vous êtes ici depuis combien de temps ?"
- "4 mois."
- "4 mois ?! Mais pourquoi vous ne venez que maintenant ?"
- "Je vous ai envoyé un mail en Février avec tous les documents (et les herbes du professeur Tournesol), mais je n'ai pas eu réponse."
- "Ha oui ... Par mail c'est possible, mais c'est long, et ça ne marche pas ! Vous pouvez prendre des stylos et aller vous installer sur les tables."
 Nous avons donc commencé le fastidieux remplissage des formulaires, nous apercevant avec effroi que nous ne connaissions que vaguement les dates de naissance de nos parents et qu'il nous était difficile de remplir les numéros d'urgence à contacter en France en cas de problème, ceux-ci étant restés dans nos téléphones français à Incheon. Mais nous avons tant bien que mal rempli l'essentiel de ce formulaire aux nombreuses cases nébuleuses et mal foutues.
Retour donc dans le bureau, où la responsable de nos dossiers a soudainement reconnu mon nom, celui-ci lui disant vaguement quelque chose. Elle a donc fouillé un peu dans ses piles de documents et retrouvé le dossier à mon nom qu'elle avait constitué quelques semaines auparavant à partir de mon mail de mois de Février. Il manquait soit disant le formulaire, je viens pourtant de vérifier, il était bien dans le mail. Peut-être n'ont-ils pas voulu de la signature scannée.
C'est finalement en un temps record, moins d'une heure, que nous avons terminé les formalités à l'ambassade. Nous recevrons prochainement les attestations d'inscription, sous réserve, nous a-t-on précisé, que ça ne se perde pas dans le courrier coréen. Nous avons donc suggéré d'envoyer à l'université plutôt qu'à notre domicile, où rien n'arrive à part les factures.

Pour le midi, s'est posé le problème du lieu du repas. En effet, il fallait trouver un endroit pratique pour manger et pas trop loin de notre potentielle activité de l'après-midi. Ne sachant pas trop où aller, nous avons opté pour un restaurant Coréen-Japonais dans la galerie marchande de la gare de Yongsan, celui où nous avions été avec Sojae la première fois que nous l'avons vue. Pour aller soit au cinéma, soit à la Proleague l'après-midi, c'était le lieu idéal.


Faute de Proleague le jeudi après-midi, ce qui aurait été une solution économique, nous avons opté pour le cinéma et nous avons décidé d'aller voir "The Amazing Spider-Man". Nous voulions au départ éviter les places en 3D qui sont chères, et faute d'avoir accepté les places en 3D, on nous a vendu des places en 4D à 18.000 wons (12€) par personne ! 
Frédéric prétend que la vendeuse nous a parlé en anglais et que j'ai sorti la liasse de billet trop tôt, moi je maintiens qu'elle a switché du coréen au konglish pour nous embrouiller et que 3 et 4 étant respectivement "sam" et "sa" en coréen, elle a réussi à nous rouler comme ça. Quoi qu'il en soit, nous avons donc été voir notre séance en 4D acheté à grands frais, et nous sommes encore une fois passé pour un couple gay. Oui en Corée, un coréen ne peut aller au cinéma qu'avec sa copine, ça n'existe pas autrement.
Beaucoup sur twitter m'ont demandé ce que c'était que le cinéma 4D.  C'est très simple, c'est un film avec les lunettes 3D et en plus un fauteuil qui bouge, ainsi que des effets spéciaux à grand renforts de souffleries, ventilateurs et jets d'eau puissants et dans lequel le siège te fait sentir des choses dans ton corps. Comment vous décrire ... Par exemple, lorsqu'un personnage est criblé de balles, le siège te mitraille le dos pour que tu sentes les balles, lorsque l'araignée mord Peter Parker dans la nuque ça souffle un jet d'air froid et humide dans la nuque, quand il pleut dans le film et qu'une voiture arrose Peter en roulant dans une flaque tu te prends un coup de jet dans la tronche et autres effets rigolos. Je vous laisse imaginer l'effet pensé pour les coups de pieds dans les burnes.
Dans l'ensemble, nous étions content du film, même si nous avons un peu Fuu sur le prix des places.

Une fois le film terminé, comme il nous restait pas mal de temps avant le début de la GSL, nous sommes partis à Namdaemun pour acheter des pots de nutella. Fred en avait acheté samedi dernier, mais il ne m'en avait pas pris, il fallait donc y retourner, c'était une nécessité.


Puis, nous avons mis le cap sur le studio de GomTV afin d'aller voir les matchs, qui avec la visite au consulat, était la raison initiale de notre déplacement sur Séoul. Bien qu'étant arrivés une demie-heure avant, la salle était noire de monde avec des sièges rajoutés à l'avant, à l'arrière, sur les côtés et même dans le hall d'entrée. Nous n'étions pas les seuls à vouloir voir ces matchs, mais nous avons réussi à obtenir une place au premier rang et une autre au deuxième rang et nous avons même pu sauver un second siège au deuxième rang pour Tae-geun qui nous a rejoint à 18h. Pour ceux qui ne se rappellent pas c'est le coréen-américain qui a tenté de me tuer il y a deux semaines avec le bukumbbap. Etant un fan inconditionnel de Broodwar, c'était sa première GSL en live. 
Et les matchs ont envoyé du lourd. Entre MC double champion GSL, Squirtle, numéro 2 de la dernière saison, Symbol Zerg montant en tête du ladder coréen et invaincu sur ses 10 derniers matchs et MarineKing Prime dont la réputation n'est plus à faire, ça a franchement envoyé du lourd. 

- Squirtle contre Symbol s'est fini par un 2-0 pour Squirtle qui a littéralement roulé sur Symbol. C'était propre, net et sans bavure.
- MC a mis 2-0 également à MarineKing dans de très beaux matchs de PvT avec une micro de blink stalkers à tomber.
- En winner bracket MC a ensuire mis 2-1 à Squirtle. Il y a eu notamment ce contre de 4gate où ayant deux gates et sa robot sans énergie, MC a quand même réussi à contrer et à l'emporter alors que plus personne n'y croyait.
- Symbol a ensuite gagné 2-1 contre MarineKing, 3 parties interminables et quasiment identiques
- Enfin et nous ne l'avons pas vu car nous sommes partis manger à 21h15, Symbol a battu Squirtle 2-1 en final du looser bracket éliminant ainsi l'ancien numéro 2.


MC et Symbol passent, Squirtle et MarineKing quittent le code S.
Des matchs de folie donc, dont on regrettera juste que ça ait trainé sur la longueur nous empêchant de voir la fin. On notera également que chose rare, les pronostics de sphRt sur les vainqueurs étaient pour une fois corrects.

Une bonne journée donc, qui s'est terminé par un retour à Incheon vers 23h40, pour un repos bien mérité.

PS : au moment où nous avons commencé la rédaction de cet article, les membres survivants du labo étaient sur le point d'improviser un séminaire malgré l'absence du professeur et pour être sûrs que personne ne nous demande rien, nous avons fui à HomePlus pour faire nos courses, d'où le retard de l'article. L'ami Visal qui est bien sympatique nous a même dit "à demain" en français, mais ça ne sera pas suffisant pour nous faire venir à l'université un samedi matin de "vacances".

lundi 25 juin 2012

Dimanche après-midi : Proleague et Soju

Ce dimanche, au programme de ma journée (Jérémie) : Proleague hybride l’après-midi et soirée alcoolisée après.

Direction donc le "stadium" de la proleague au 4ème étage de la gare de Yongsan où j'ai retrouvé Mike, le sympathique anglais de la semaine dernière, Tae-geun nous ayant lâchement abandonné via un sms reçu à 1h du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Mais Mike en bon hardcore fanboy qui voulait absolument un autographe de Flash est venu quand même. C'était sans compter sur la horde de fangirls qui nous ont piétinés en poussant des hurlements lorsque Flash s'est montré. Il a donc fallu faire une croix sur l’idée de l'autographe, approcher la star au milieu de cette armée de groupies déchaînées était impossible.  
Flash. Si, si, on l’aperçoit en blanc derrière la horde.
Le proleague est assez différente de la GSL. Au niveau ambiance, il y a majoritairement des coréennes dans la salle. Les sièges sont séparés en deux groupes : un secteur pour chaque équipe et environ tous les 5 minutes, une coréenne lance un cri de guerre "하나, 둘, 셋 !" (prononcer "hana, dul, set !") et il faut alors crier " 'Team Trucmuche' fighting !", l'equipe d'en face fera alors la même chose en essayant de crier plus fort. Comme dans des rencontres sportives en fait, sauf que là ce sont majoritairement des coréennes qui  viennent et font ça. 
En effet, alors que la GSL est surtout un show prévu pour attirer des étrangers et être vu par des étrangers (on remercie les millions de Blizzard), la Proleague est un show étudié pour plaire aux coréens et surtout aux coréennes, avec des interview en gros plan toutes les demie-heure, des goodies des joueurs, et des séances d’autographes prévues après les matchs. Et il semble que le public soit réceptif : cris et pâmoisons lorsqu'un arbiter de l’équipe adverse parvient et effectuer avec succès un rappel au milieu de la base Terran du joueur de votre équipe, larmes quand votre équipe perd, et surtout des centaines d'appareils photo au format sous-marin nucléaire qui mitraillent les joueurs en continu. Même à la GSL ils n'en font pas autant.
Cependant, on sent que la Kespa a sorti la brosse à reluire et veut plaire à Blizzard : La Proleague nous bombarde littéralement avec des pubs pour Diablo III  et des cinématiques extraites de BroodWar and Wings of Liberty. 

La SK Proleague est aussi l'occasion de voir des mascottes un peu ridicules, voir carrément creepy :
Au fond, la mascotte de CJ Entus, une ancienne team d'Idra pour mémoire. 
Quand ce truc t'approche et veut soudainement te faire un câlin ou une  partie de pierre-feuille-ciseau en échange d'une boisson fraîche, tu as juste peur. 


Au niveau des matchs en eux-même, quelques commentaires : Les parties de Broodwar étaient très sympa  à regarder, mais il faut admettre que coté Starcraft II, ce n'est pas encore ça. Flash a tenu 5 minutes avant de se faire banneling bust (il y a eu des évanouissements dans la salle). En même temps avec 2 marines et 4 hélions contre une douzaine de roachs et des bannelings, son build était très fail. Et il y a eu ce PvZ du fail, le Protoss a vu la Spire du Zerg et immédiatement sortie la baie de soutien robotique et commencé à produire des immortels (0 roach en face), puis des colosses. On n'a pas compris. Le PvT était presque bien, on peut juste déplorer un jeu très statique avec 0 drops et juste des affrontements de deathball au centre de la carte. Il est clair que ce n'est pas du niveau GSL.

Après la Proleague, nous avons récupéré Daniel à la sortie de la gare de Yongsan. Daniel est un coréen-américain que nous avions déjà vu avec Fred pour la finale de la GSL et qui est momentanément sans domicile et a donc passé une partie de son weekend, dimanche inclus, à courir de 부동산 en 부동산 pour trouver un appartement et c'est pour ça qu'il n'a pas pu venir l’après-midi avec nous. Notons tout de même qu'il n'avait toujours rien trouvé hier soir et que vu son état quand il nous a quitté, je doute qu'il ait pu chercher ce matin. 
Nous sommes donc partis à trois direction Myeongdong afin de trouver à manger et à boire. Myeongdong est un quartier de Séoul avec énormément de boutiques pour les étrangers et il y a vraiment beaucoup de monde ! Il n'est pas rare dans les rues de ce quartier qu'un vendeur s'adresse aux passants en japonais ou en chinois plutôt qu'en coréen.  Les boutiques avec des devantures en kanas ou en chinois sont également chose courante.


Le quartier propose également pas mal de restaurants, quelques bars et des établissements hybrides. Le soucis n'est pas tellement de les trouver, mais d'y entrer. J'explique, en général les restaurants et bars sont au premier ou au deuxième étage, les boutiques occupants tous les emplacements donnant sur la rue. Le soucis est alors de trouver où est l'escalier qui permettra d'atteindre ces bars. En Corée, c'est un problème que nous  rencontrons souvent en tant qu’étrangers, trouver l'escalier ! 


Dans un premier restaurant, nous avons opté pour la simplicité avec des grillades et de la bière. Je ne suis déjà pas fan de bière, mais il faut bien dire qu'elle est particulièrement dégueulasse en Corée. Aussi avons-nous décidé que dans le second bar/restaurant nous prendrions moins de bière et plus d'autres alcools. 
Cependant, en Corée, à part dans les clubs, les choix d'alcools sont assez limités, difficile de trouver autre chose que des bières et du soju (l'alcool local coréen). L'anglais espérait trouver du Whisky, mais sa quete était vouée à l’échec. Second bar-restaurant donc : "Charm Soju" et re-bière.
La pub coréenne pour le  "Charm Soju" est mensongère, les coréennes de la table d'à coté  ne se sont pas transformées en Son Dam Bi par la magie de l'alcool, et point, non plus, de serveuses qui se trémoussent. Ceci dit, les langues se sont déliées un peu quand même et pendant que Daniel a ri toute la soirée et perdu toutes ses capacités à parler et comprendre le coréen, Mike nous a expliqué comment avec sa formation d’archéologue il a atterri en Corée pour apprendre, nous a-t-il dit, le Java et le HTML. Comme quoi, Fail en Corée, il n'y a pas que nous ...  Summer School 5h par jour, et en bonus il sera entassé dans un dortoir qui coûte 3 fois le loyer de mon appartement et ne propose que des chambres de 4 et une douche pour l’étage. Ça donne envie ! Entre deux plans pour conquérir le monde, nous avons également résolu le mystère du pourquoi nous n'avions pas trouvé de déodorant en magasin : ici c'est un produit saisonnier qui n'est en rayon qu'entre le 21 Juin et le 21 Septembre, hors de cette période les coréens arrêtent de transpirer. 


Alors c'est vrai, on s'est mis bien. Ils ne voulaient pas finir le soju, donc c'est moi qui l'ai bu et je leur ai laissé  la bière. Ceci dit, nous étions bien loin de l’état des gens de la table d'à coté qui ont tenté de faire exploser le restaurant avec des pétards géants façon TNT dans les dessins animés tout en chantant bruyamment "Saengil Chukha hamnida" (joyeux anniversaire en coréen) et en nous invitant à participer activement aux festivités. Les employés les ont gentiment poussés vers la sortie après que la 3ème explosion eu ravagé le gâteau de Paris Baguette.       
Sur la photo on aperçoit les cigarettes de Mike, qui sont soit-disant parfumées au Mojito. Je n'invente pas, c'est écrit sur le paquet.  On aurait presque envie d'essayer, juste pour savoir ce que ça peut donner une clope au mojito.
Il a ensuite fallu partir, non sans faire attention à ce que Daniel ne tombe pas dans l'escalier. En effet, de mes deux acolytes asiatiques, Mike qui est anglais a tenu le choc, mais Daniel moins ... Mike l'a donc raccompagné dans son non-appartement à Gangnam (rappel du début de l'article, Daniel n'a plus de maison) tandis que je me suis engouffré dans le métro, espérant être en état pour retrouver mon chemin jusqu’à Incheon. 
Finalement à part le fail du dernier train qui s'est arrêté terminus Bupyeong au lieu de Juan et le fait que j'ai du finir en taxi avec moins de 20 euros sur moi (heureusement que ce n'est pas cher ici), ça c'est plutôt bien passé

jeudi 21 juin 2012

Visite de Wolmido

Dimanche dernier, j'avais rendez-vous avec une amie, Christine et une de ses amies Julie qui venaient de France pour visiter la Corée pendant 2 semaines. Comme elles avaient déjà visité pas mal d'endroits de Séoul pendant la semaine et qu'elles avaient envie de voir la mer, elles ont demandé si Incheon était sympa à visiter. Et en vérité je n'ai pas trop su quoi répondre étant donné que la plupart du temps je vais à Séoul pendant le week-end. Je me suis donc dit que c'était une bonne occasion de connaître un peu mieux la ville où j'habite! Et c'est comme ça qu'on s'est donné rendez-vous à 14h à la station Incheon à l'extrémité de la ligne 1 pour aller sur l'île de Wolmido.
Après avoir attendu un peu (elles se sont trompées et on pris la mauvaise ligne au croisement de la ligne 1... franchement ces touristes quoi!), on s'est retrouvé finalement à la sortie du métro. A cet endroit, nous avons du prendre le bus pendant 5-10 minutes pour rejoindre les quais de Wolmido et voir la mer. Finalement on s'est dit qu'on avait bien choisi l'endroit parce que le temps était très chaud et que le Soleil tapait fort (ça continue ces deniers jours d'ailleurs, on va finir par mourir de chaud ici)! Et moi de me dire que j'aurai du prendre une casquette et de la crème solaire. 
La grande allée, avec le monorail également

Sur place, la zone sympa à visiter était finalement réduite à une grande rue piétonne le long de la mer, avec pas mal de gens, et notamment plein de petits enfants kawaii dans des voitures télécommandés par leurs parents. 

On peut voir les différentes îles proches d'Incheon
On s'est baladé le long dans cette longue allée en discutant un peu de ce qu'elles avaient déjà visité, de notre opinion respective sur la Corée et tout ça. Et comme elles n'avaient pas mangé le midi, nous sommes partis à la recherche d'un restaurant. Même si il n'y avait que ça en l’occurrence dans cette grande rue, en trouver un s'est révélé plus difficile que ce qu'on pensait. En particulier parce que cette zone est connue pour les restaurants portants sur les produits venant de la mer et que, n'aimant pas trop ce type de cuisine, mes connaissances sur les plats coréens de ce type sont quasiment nulles. Après être rentré et ressorti tout de suite d'un café-restaurant aux prix bien trop chers (on s'étonne qu'ils ne soient pas affichés à l'extérieur!), on s'est fait accoster plusieurs fois par des ajummas dans la rue pour que l'on vienne dans leurs restaurants. Même si nous les avons ignoré au début, nous avons finalement décidé d'en suivre une comme on commençait à en avoir marre de chercher. On est donc monté dans le resto qui s'est révélé être du type assez familial et traditionnel, celui où on enlève les chaussures et où on s'assoit sur un coussin par terre autour d'une grande table pour partager le repas autour d'un plat pour plusieurs personnes. Ça pourrait être sympa s'est-t-on dit! Et à ce moment-là, on nous a ramené la carte du menu : "It's a trap!" Nous nous étions faits bernés par l'ajumma! Les prix les plus bas étaient de 50000 wons, mais en général tournaient plutôt autour de 100000wons soit 70euros! On a hésité à partir, mais comme je n'aime pas trop quitter les restaurants comme ça (en plus, dans ce type de restaurant, tu ne peux pas partir en courant comme il faut remettre ces chaussures et tout, l'ajumma a le temps de te torturer de son regard et te tuer au moins 10 fois avant que tu ne réussisses à fuir) et qu'on avait déjà eu du mal à trouver, nous avons pris la décision de rester. On est donc passé donc au choix du plat, assez difficile sachant qu'aucun de nous ne connaissait les plats proposés. Comme j'étais le seul à parler vaguement coréen, j'ai donc essayé de savoir si c'était épicé ou non, et aussi en même temps de négocier un peu le prix pour baisser. Finalement je trouve que j'ai réussi à pas trop mal m'en sortir et on a obtenu un rabais de 10000wons sur 60000 au départ. D'abord les bantchan sont arrivés sur la table (c'est la nourriture servie en accompagnement), qui étaient pour le coup assez originaux et nombreux par rapport à ce que j'avais eu l'habitude de voir, et dont certains nous ont tout de même paru au premier abord d'origine inconnue. 
Peu de temps après, le plat a été déposé devant nous et surprise!! Ce que nous avions commandé était un poisson entier (avec la tête, la peau et tout!) dans une soupe. Je me rappelle plus du nom en coréen, c'était à rallonge dans mon souvenir, mais après avoir demandé à mes collègues de laboratoire, c'était sûrement 우럭지리, "Ureok-shiri". 
 Finalement une fois la première impression passée, ça s'est révélé plutôt bon, même si on a eu du mal avec la tête malgré les recommandations de la serveuse qui arrêtait pas de répéter "Mashissoyo" ("c'est délicieux!").

Une ressortis du resto, on a continué à marcher un peu près de la mer et on est passé rapidement dans le parc d'attraction : c'était un peu le même style que celui de Seoul Children's Park en peut être plus petit encore, et comme là-bas il fallait acheter les tickets à l'unité. 
 Comme mon coréen était pas vraiment assez bon pour avoir plus d'infos et qu'on voulait éviter de dépenser trop d'argent, nous n'y sommes pas allé et on a décidé plutôt de visiter le parc/mont à côté pour aller au point d'observation tout en haut et prendre des photos sympas tout en faisant un peu de sport sous la chaleur écrasante.
Et c'est parti donc pour le kilomètre de montée!
C'est le début de la montée!
Pendant l'ascension, nous avons croisé différentes aires pour faire du sport du même type que celles que j'ai déjà prises en photos quelques fois lors de précédentes sorties. Encore une fois, pas mal de coréens âgés utilisaient ces engins au moment où nous sommes passés : sportifs ces coréens!
Photo prise pendant l’ascension


Finalement, nous avons fini par atteindre l'observatoire, où nous avons pris un peu de repos mérité en admirant la vue. Nous avons également laissé notre petit mot sur un grand mur prévu à cet effet, en disant que des français étaient venus à cet endroit (sûrement avec quelques fautes vu qu'on l'a écrit en coréen!).
L'observatoire
Le port d'Incheon
Le port d'Incheon, le retour
On peut voir le parc d'attraction d'ici et les îles au loin

Après la descente et le retour à la grande allée piétonne, nous sommes retourné en bus à la station Incheon, et comme nous avions encore pas mal de temps, nous sommes allés visiter le quartier Chinatown qui se trouve juste en face de la station. J'ai un peu arrêté de prendre des photos à ce moment-là donc je n'en ai pas à montrer malheureusement. En vérité, Julie avait un bien meilleur appareil que moi donc je me suis dit que je pourrais récupérer les photos et que ça m'éviterait d'en prendre. A l'heure où j'écris je ne les ai pas encore, mais peut être que je mettrais l'article à jour plus tard (on a aussi pris des photos tous les trois par exemple). En tout cas le quartier était plus petit que ce que j'imaginais, ou alors nous n'avons pas tout visité. Cependant c'était quand même intéressant de voir ce changement brutal au niveau décoration, habillement et language parce que c'était vraiment comme si on se retrouvait en Chine pendant quelques centaines de mètres.

En continuant un peu plus loin, nous sommes tombés sur un parc qui avait l'air sympa donc nous y sommes rentré. Après avoir cherché, ce parc est en fait assez connu et fait parti des principales attractions à faire dans Incheon, donc je vous mets la description ici : le Parc Jayu, ou Parc de la Liberté, tient son nom depuis le 3 Octobre 1957, lorsqu’une statue du Général McArthur, qui mena l’Opération du Débarquement des Amphibies à Incheon pendant la Guerre de Corée, fut érigée au sommet du Mont Eungbongsan. Le parc offre de spectaculaires vues du centre-ville d’Incheon, des montagnes, du port et de la mer.

Le général McArthur
On peut voir l'observatoire de Wolmido au loin


 Voilà voilà. En fait ce qui a été le plus intéressant dans ce parc a été le spectacle formidable offert par quelques coréens âgés en train de danser en synchronisation avec un prof qui était sur une grande scène. Voici une vidéo de ce moment inoubliable, vidéo qui ne peut malheureusement pas retranscrire exactement les émotions ressenties en voyant ce magnifique spectacle.


video

Après un peu de balade, il a commencé à se faire tard, et nous avons donc pris la direction de Bupyeong pour aller diner (après l'expérience du midi, je préférais aller dans un endroit où les prix étaient peu chers de façon certaine!). Encore une fois, pas de photos mais la zone n'est en même temps pas très intéressante vu que c'est juste un immense centre commercial.

En tout cas c'était une journée sympa qui m'a permis de découvrir qu'Incheon a finalement quelques lieux à visiter. D'ailleurs, je vais revoir Christine et Julie ce week-end, mais cette fois-ci j'ai également invité Dasom. Je ne sais pas encore ce que nous allons faire, mais vous pourrez sûrement voir ça dans l'article la semaine prochaine!

lundi 18 juin 2012

Le Réseau "n+i"

Chers lecteurs, le moment est venu pour rédiger un billet sur le réseau "n+i" grâce auquel nous sommes aujourd'hui ici en Corée.

Plus d'un an après notre inscription sur leur site web et le début du périple pour trouver une Université coréenne, c'est officiel nous allons toucher la bourse "n+i". Malgré les turbulences de l'automne dernier, les choses se sont concrétisées via des échanges d'emails étalés entre fin Mars et début Juin. Notre dossier de bourse de l'automne dernier a été accepté la semaine dernière et "n+i" a pu nous envoyer par la poste le marketing à distribuer en Corée.
Je me suis douté de quelque chose samedi dernier lorsque j'ai reçu un SMS tout en coréen m'indiquant que j'avais un colis FEDEX coincé à la douane de l’aéroport d'Incheon. Ce n’était pas mon T-shirt Team Liquid, hélas ... C’était le marketing de "n+i" retenu par les douaniers coréens qui menaçaient de charcuter mon paquet (ou de le faire exploser, au choix) si je ne daignais pas leur indiquer dans la semaine le contenu du paquet et leur envoyer un numéro de mon passeport ou de ma carte d'Alien afin que je puisse aller en prison si le colis de "n+i" s’avérait être une arme de destruction massive envoyée par la Corée du Nord. 
Après qu'un de nos collègue coréen ait passé une petite demie-heure au téléphone à expliquer que le paquet était inoffensif et ne contenait que des documents papiers (on ne savait pas qu'il y avait des CD/DVD dans le paquet), nous avons pu convaincre la douane de laisser le colis entrer en Corée, en leur donnant quand même mon numéro de passeport.
Le tout est arrivé ce matin à INHA : Une montagne de prospectus faisant la promotion de "n+i" qu'il va falloir écouler tant bien que mal, des DVD avec des témoignages et des PowerPoint, la carte des école d’ingénieurs, mais point de goodies "n+i". Dommage, le mug "n+i" sur le DVD était plutôt cool.

Fred en a autant et il y a aussi les posters

Nous avons commencé à les distribuer dès ce matin, avec un succès limité au laboratoire. En effet "n+i" ne mentionnant que très peu les programmes de doctorat dans sa documentation, il va falloir nous tourner vers les élèves en undergraduate qui partent en vacances à la fin de la semaine. Si on les rate, on va avoir les prospectus sur les bras jusqu'en Septembre. Nous allons également en déposer au centre international, ainsi que dans le bureau de Mr. Noah, le nouveau responsable "n+i" d'INHA. 

Mais entrons dans le vif du sujet avec une petite présentation de cet organisme qui a généreusement apporte sa contribution administrative et financière à nos études. Pour plus d'informations, vous pouvez visiter leur site web dont l'url est donnée à la fin de ce billet.



"n+i" est un organisme à but non-lucratif ayant un partenariat avec près de 70 écoles d’ingénieurs en France et des dizaines d’universités partout dans le monde. Leur but est de promouvoir les échanges culturels et linguistiques et d'aider des étudiants étrangers d'un point de vue administratif, financier et logistique pour qu'ils puissent venir étudier dans des écoles d’ingénieur françaises. Bien que ce ne soit pas son activé principale, "n+i" permet également à des étudiants français d'aller étudier dans ses universités partenaires dispersées aux quatre coins du globe. C'est d'ailleurs dans le cadre de cet accord que nous sommes en ce moment à INHA University avec Frédéric. 
Que ce soit en France ou à l’étranger, les programmes n+i sont très intéressants car ils permettent d'obtenir un diplôme supplémentaire avec beaucoup plus de facilité qu'en passant par les voies conventionnelles. En effet, en plus de faciliter les démarches administratives et d'aider à l’intégration culturelle et linguistique (pour les étudiants étrangers venant en France), le réseau "n+i" propose des programmes diplômants souvent avantageux, comme un Master coréen en 1 an (peut-être) dans notre cas ce qui n'a été possible que grâce au transfert de nos crédits français via l'accord "n+i" liant notre école en France à INHA en Corée.
Pour tous les étudiants étrangers ou français qui liraient cet article et voudraient en savoir plus sur les programmes proposés par "n+i" en France ou à l’étranger, nous vous invitons à visiter leur site web afin d'avoir accès à tous les détails et aux listes complètes des établissements et diplômes concernés : 

samedi 16 juin 2012

Le début des vacances ?

Aujourd'hui nous sommes enfin sortis de la période des examens. Nous ne savons pas encore si ça a été un succès, mais tous les partiels sont terminés et nous avons rendu le dernier rapport vendredi soir. Il n'y a donc plus qu'à attendre les notes. Pour nous, c'est donc le début des "vacances", même si certains de nos camarades ont encore des partiels la semaine prochaine.
Ceci dit, "vacances" à INHA University ou en tant que coréen est un mot qui a un sens très particulier. Il n'y a pas de vacances en Corée, c'est inconcevable ! Pour les étudiants en master : ça veut dire qu'on va pouvoir concentrer nos efforts sur la lecture de papiers scientifiques très puissants et sur la rédaction d'articles de conférence, afin de présenter le tout pendant les séminaires qui vont bien évidemment continuer pendant les vacances. Ici on ne s'arrête pas de travailler parce que c'est les vacances. 
J'ai posé quelques questions bêtes au labo, par exemple je voulais savoir si certains partaient en vacances cet été, on m'a répondu que le professeur accordait en général une semaine de vacances (allez déjà comprendre pourquoi il faut lui demander son avis sur la question en période de vacances scolaires), mais que plus d'une semaine pouvait être très mal vu et provoquer un incident diplomatique. A la question de ceux qui voulaient prendre un job d'été, comme c'est le cas pour deux de nos collègues Cambodgiens, il faut qu'ils viennent travailler au laboratoire l'après-midi et en début de soirée, sinon ça ne va pas. L'excuse du décès d'une lointaine arrière grand-tante nous obligeant d'urgence à quitter le laboratoire et à prendre l'avion est donc une idée possible pour camoufler nos vacances ... Good morning Japan !
Les seules modifications notables sont que les séminaires seront prochainement décalés au vendredi soir au lieu du samedi matin, et que nos collègues ont commencé à alléger leurs horaires, poussant parfois jusqu'à ne pas revenir au laboratoire après le repas du soir.

Ce matin, c'était donc peut-être notre dernier séminaire du samedi avant la rentrée début Septembre. Le jour de celui de la semaine prochaine n'est pas encore décidé. 
Ayant fuit entre la fin du séminaire et le début du repas de famille (le laboratoire est une seconde famille avec notre professeur comme patriarche bienveillant), j'ai laissé Frédéric un peu dans l'embarras à devoir expliqué pourquoi je n'étais plus là un samedi à 13h. Nous avons fait simple et la version officielle n'a pas été déformé : j'avais autre chose de prévu tôt dans l'après-midi sur Séoul.
Et effectivement j'avais déjà planifié mon week-end, et comme notre professeur nous l'avait fait remarqué en Février, en occident on n'a pas vraiment l'habitude de travailler le week-end ou de donner priorité sur notre temps libre pour des activités liées ou même vaguement liées à notre travail. Le séminaire, nous n'avons pas vraiment le choix, au moins d'un point de vue diplomatique, mais pour le reste en tout cas en ce qui me concerne, si autre chose est prévu sur un week-end, c'est prioritaire sur les activités liées au laboratoire. 
Justement, mon planning de ce week-end :
- De la Proleague Samedi après-midi
- L'après midi de Dimanche à Bupyeong avec Ka-Yeong, qui travaille activement à l'amélioration de mes compétences linguistiques et plus encore.
Sortie de la gare de Yongsan, sous le Yongsan Stadium
Je devais donc être cet après midi à 13h30 à la sortie 3 de la gare de Yongsan (en plein milieu de Séoul) afin d'y retrouver deux inconnus rencontrés via le site de Team Liquid, et eux aussi venus pour la Proleague. Comme c'est la Corée, tout le monde était en retard, moi y-compris et nous ne nous sommes trouvés que vers 13h45. Je pensais tomber sur deux occidentaux, et en fait oui et non ! Un américain d'origine coréen, et un anglais coréen du côté de son père et Xel'Naga du côté de sa mère (ou un truc compliqué dans ce goût là). L'américain parlait couramment coréen, mais l'anglais pas tellement plus que moi. C'est d'ailleurs extrêmement curieux quand quelqu'un que tu pensais être juste un coréen au milieu des coréens s'adresse soudainement à toi en anglais Britannique avec un fort accent Londonien et te dit qu'il s'appelle Mike. Nos différents accents ont d'ailleurs causé quelques problèmes mineurs de communication, et pas que mon accent français, mais ça a aussi été l'occasion de lancer quelques vannes sur les anglais et de revisiter les clichés sur les français et les américains. Forcément, quand on met dans la même pièce un américain, un anglais et un français, ils ne peuvent que se moquer les uns des autres. On notera quand même que Tae-geun notre ami américain et organisateur de cette sortie s'est vengé dans la soirée de notre coalition franco-britannique, en tentant de nous tuer avec un Bukumbap of the doom ultra-épicé (riz sauté coréen, qu'on a pris ce soir en barbecue), qui nous a fait pleurer Mike et moi. Ça ne m'a pas empêché une vanne sur le fait qu'en tant qu'anglais, la nourriture étrange et immangeable pour le commun des mortels ne devrait pas lui poser de problème. Mes boyaux sont toujours en feu au moment où j'écris ces lignes et mon anus va sûrement me rappeler ce plat demain matin.

Mais revenons donc à la Proleague. C'est le tournoi historique de Starcraft en Corée du Sud, encadré par la Kespa et qui joue encore du Broodwar, même si la transition vers Starcraft II avec deux ans de retard est en cours. Vous allez me dire : pff encore un truc de geek et où il n'y a que des étrangers et pas de coréennes. Et bien pas du tout. Il est vrai qu'à la GSL c'est 60% d'étrangers (comprendre occidentaux) et 20% de filles pour 80% de mecs. A la Proleague il n'en est rien ! 90% de filles ! 90% de coréennes hystériques parfois à la limite de l'orgasme face à une simple apparition d'un joueur de Brood War. Certaines étaient au bord de l'évanouissement quand Bisu est apparu. Quant aux étrangers, après le départ de l'attaché de l'ambassade de Norvège avec qui nous avons un peu discuté en début de set, j'étais le seul non-asiatique dans la salle. 

Une photo avec la mascotte de l'équipe SK au fond
Ce premier après-midi de "vacances" fut aussi l'occasion de discuter avec deux autres étrangers d'origine coréenne (aucun des deux n'a gardé la nationalité coréenne) et d'échanger un peu sur nos expériences en Corée et les différences culturelles rencontrées. Par exemple le contraste entre les coréens et coréennes qui ont gardé la mentalité ultra-conservatrice et prude du pays et ceux et celles qui sont plus occidentalisés, voir sont tombés dans des extrêmes un peu à la japonaise, ou encore la folie du travail en Corée.

Une journée bien remplie donc, très différente de celle qui s'annonce demain, mais très sympa quand même et qui a l'avantage d'être racontable.

vendredi 15 juin 2012

Chroniques de la Corée - 2ème épisode

Entre deux examens (note de Fred : la rédaction a en effet commencé pendant la période d'exam, mais la publication a un peu tardé de mon fait, parce que j'ai mis un peu de temps à écrire ma partie!) , je pense qu'il est temps de rédiger le deuxième épisode des chroniques de la Corée.
Nous pourrions vous parler du déménagement de la dame marieuse au rez-de-chaussez qui a bordélisé tout l'immeuble pendant 2 jours et fait que nous nous retrouvons sans personne pour surveiller que la porte de l'immeuble ne soit pas ouverte à tous les vents. Mais si nous vous parlions de ça nous aurions vite fait le tour. Et puis, ce n'est pas très intéressant.

Alors nous allons plutôt vous parler de choses qui font partie de notre quotidien ici en Corée du Sud.

Les marchands ambulants en véhicule qui hurle (par Jérémie) :

En Corée comme en France, il y a de nombreux commerces : grandes surfaces, petits centres commerciaux, épiceries, boutiques spécialisées, marchés, et même des marchands ambulants, même si c'est moins courant par chez nous. Mais il y a ici quelque chose en plus, quelque chose d'unique et qui peut venir tous les jours hurler sous ta fenêtre à des heures improbables comme par exemple le dimanche à 8h du matin. Il n'y a pas de nom pour décrire, ce sont des sortes de marchands ambulants, sauf qu'ils ne s'arrêtent pas plus de 10min au même endroit et que leur arrivée est annoncée par l'harmonieux bruit d'un haut parleur qui répète en boucle pleins de trucs incompréhensibles en coréen.

video

Ci-dessus une vidéo prise il y a deux semaines, j'étais tranquillement entrain de dormir, quand cet individu est arrivé sous ma fenêtre avec son camion et son haut-parleur. Frédéric râle aussi à cause des camions, mais il ne connait pas sa chance d'habiter au troisième et de ne pas être côté rue.

Mais que vendent-ils donc ? Et bien de tout ! Nous avons eu la chance d'en croiser un au pied de l'immeuble l'autre jour, et à l'arrière de son camion se trouvait un contenu pour le moins hétérogène : amandes salées d'un côté et crevettes de l'autre ! Une autre fois devant la pharmacie au coin du pâté de maison c'était un marchand de fruits et de fleurs, toujours avec le haut-parleur à fond. Celui sur la photo vendais de la bouffe si j'en crois les quelques mots que je reconnais.
Il y a donc toutes sortes de vendeurs, mais pas que. Il y a aussi le recyclage des écrans usagers, frigos et machines à laver en panne, qui est également susceptible de vous réveiller le matin à l'aube. Visuellement et au niveau du bruit ça se présente pareil, un véhicule qui hurle des trucs en coréen sous nos fenêtres.

Notons que si le contenu varie, les véhicules aussi : Camionnette, van, semi-remorque, moto infernale trainant une remorque, puissant véhicule à 3 roues comme on peut en voir au Vietnam, tous les formats sont possibles !

Au niveau fréquence, on en a un ou deux par jour qui passe devant notre immeuble, un peu plus si on compte les rues voisines (on les entend quand même), et au niveau des horaires, tout est possible entre 7h du matin et 21h, 7 jours sur 7. Je kiffe particulièrement le dimanche à 7h. 

La publicité Fanta sur le Youtube coréen (par Fred) :

Les publicités coréennes en général valent vraiment le coup d’œil comme on a pu le voir avec Jérémie durant les quelques séances de ciné que nous avons faites, et on aurait donc pu faire un article à part uniquement là-dessus. Entre les pubs de café qui font avoir un orgasme (pas très différent d'en France pour le coup!), la pub pour la banque Shinan qu'on se tape à chaque fois et qui commence sérieusement à nous taper sur les nerfs (je vous évite le lien youtube, vous pouvez me remercier), ou encore la pub style "Mercurochrome pansement" qui passe 2 fois à la suite sans qu'on sache pourquoi, il y avait de quoi faire. Sans aller au cinéma, on a aussi pu voir la pub pour le Soju, alcool fort coréen, qui transforme ta copine assez laide en mannequin qui se met à chanter (véridique, si si), ou encore pour rester dans le sujet une pub pour le puissant produit 컨디션, prononcez "Condition" à l'anglaise, qui est censé te guérir de tous les maux d'une gueule de bois en quelques instants. Peut-être que ça marche assez bien quand on voit que certains coréens sont écroulés dans les rues dès 21h et pourtant seront les premiers levés au lendemain pour se mettre à travailler.

Bref; j'aurai pu faire un article en général sur les publicités coréennes tant certaines valent le coup d’œil, mais comme on a du mal à retrouver ces pubs sur internet sachant qu'il faut faire la recherche en coréen, j'ai décidé de parler plus en détail d'une en particulier que je commence à connaître par cœur vu le nombre de fois où j'ai eu à la subir. Oui oui "subir", parce que j'ai du visionner et écouter cette pub à CHAQUE vidéo youtube depuis quasiment 2mois, que ce soit en version 15sec qu'on ne peut pas passer, en version 30sec, en version 1min, en version 2min (heureusement celles-là on peut les passer au bout de 5secondes...). Et donc cette pub, c'est celle pour la boisson Fanta. J'ai d'ailleurs été assez surpris que Jérémie ne la connaisse pas lorsque je lui en ait parlé, mais c'est à croire que cette pub me prend uniquement pour cible afin de me rendre fou (pour Jérémie, c'est que la pub Redbull coréenne qui est bien moins difficile à supporter).
Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, voilà rien que pour vous la version longue de cette pub :


Après que vous ayez regardé cette vidéo en entier -si si, je vous y oblige!!- , il est temps d'en parler un peu plus en détail. C'est vrai qu'il est rare de voir des pubs de ce style en France, à savoir avec chanson en mode K-pop et choré de danse. La personne qui joue le prof au début et change plusieurs fois de costumes durant le clip (réalisé en une prise donc c'est pour ça qu'il disparaît de temps en temps pour avoir le temps de changer ses habits) est d'ailleurs un acteur assez connu qui a joué dans un drama coréen visiblement. Je sais pas vraiment si les deux autres sont connus ou pas par contre.
A force de subir cette publicité plusieurs fois par jour, je commence donc à la connaître par cœur, en particulier la partie entre 1:35 et 2:05 qui a le don de rester dans la tête facilement un bon moment une fois qu'on l'a entendu! Vous aussi vous chanterez ""Oranji fanta, Pineapple fanta, Podo Fanta.... oh come on come on come on!!" après l'avoir entendu un bonne vingtaine de fois! 
D'ailleurs un détail à mentionner est qu'en Corée, les parfums disponibles sont Orange, Ananas, Pomme, et enfin surtout un Fanta raisin ("podo" signifiant raisin en coréen). Nous n'avons jamais testé avec Jérémie mais c'est sûrement une boisson piégée en sachant que le raisin coréen est infâme et a un goût complètement différent du raisin européen. Si vous venez en Corée, prenez donc garde à ne pas vous faire avoir!
Pour finir, même si cette pub commence à me rendre fou, il faut reconnaître qu'elle est quand même assez sympa, bien réalisée et avec des tentatives d'humour (j'insiste sur le "tentatives", quand je vois la partie WTF avec le piano, je sais pas trop si il faut en rire ou faire une facepalm). 

Sur ce, on se retrouvera pour les prochains articles, et l'épisode 3 des chroniques arrivera aussi dans un certain temps bien sûr! On a pas mal d'idées déjà pour ce type d'article, mais il faudra mettre en forme tout ça. Et puis de toute façon on ne veut pas publier trop vite, il faut bien vous faire patienter un peu!

Edit Stuk :
La pub Soju : http://www.youtube.com/watch?v=mIHwxMm_8vA
Shihan Bank : http://www.youtube.com/watch?v=xBKYrtvXkek

jeudi 7 juin 2012

Un mercredi Férié en Corée

Hier, c’était le 6 Juin, jour férié en Corée, aux USA et dans plusieurs autres pays. C'est le jour ou ces pays commémorent leurs soldats tombés au combat dans les guerres passées. 
En Corée c'est aussi l'occasion de sortir le drapeau national qui hier flottaient au dessus des portes de la quasi-totalité des maisons. Ici, on ne déconne pas avec le patriotisme, et la tradition veut aussi que les drapeaux  devant les bâtiments officiels ne flottent qu'à mi-hauteur du mat en signe de respect et de deuil.
Bref, hier il y avait des drapeaux un peu partout, chose qu'il ne me semble jamais avoir vu en France (Marine sort de mon corps !).

Bon, ceci dit, pas de quoi en faire un plat non plus, pour les étudiants c'est un jour férié tout à fait ordinaire, à savoir que quand je suis passé par l’université pour aller à la banque, les salles de révisions étaient pleines et vu que j'ai trouvé une barre chocolatée sur mon bureau ce matin, j'en déduis que les gens du labo sont venus travailler hier.
En bon occidentaux, nous n'avons bien entendu pas raté cette occasion de ne pas venir. Précisons qu'avec la moitié du labo partie en voyage en Malaisie (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas), nous aurions eu tort de nous priver. Mais voilà, ne pas venir c'est gentil, mais après il faut occuper sa journée, toujours en tenant compte du fait que c'est la période des révisions pour tout coréen normalement constitué.
Fred a donc fait la grasse matinée, pendant que je suis allé essayer le nouveau coiffeur installé au pied de chez nous depuis 3 jours, à la place du "Lemon Tree".
Il y a en effet ici a Incheon une théorie des bâtiments migrateurs. Tu passes le matin devant un bâtiment et quand tu repasses le soir, il a été remplacé par autre chose, ou bien il y a un trou dans le sol à la place. Trou qui aura lui-même disparu dans les deux semaines pour laisser la place à un nouveau bâtiment migrateur. Ainsi, les restaurants, boutiques et autres cafés se déplacent et changent à vitesse grand V dans notre quartier. Je soupçonne le coiffeur en bas de chez nous d’être en fait celui qui était entre Domino's pizza et notre appart ... 
L'arbre à citrons, photo prise ce midi
J'ai donc testé ce nouveau coiffeur que nous avons baptisé "l'arbre à citrons" en hommage au défunt "Lemon Tree", et aussi parce que le nom en Konglish du coiffeur est vraiment tout pourri : "헤어드레서", prononcer "héeo deulésseo" (pensez en anglais pour comprendre).
Je suis donc arrivé à 11h chez le coiffeur, où la proprio était occupée à faire la sieste devant l’équivalent coréen de "Plus belle la vie". Après 2-3 minutes passées à tenter de communiquer pour lui faire comprendre que je voulais qu'elle me coupe les cheveux comme sur la photo de mon smartphone, elle a commencé à tailler dans la masse. Ça a été un peu long, mais pas de catastrophe capillaire. Ça m'a coûté 7.000KRW (5 euros) et je suis reparti avec un puissant pschitt pour que les vêtements et chaussures sentent bons. Je ne saurai jamais si la coiffeuse trouvait que je puais, ou si c’était un puissant cadeau de la boutique, mais comme c’était pas cher, j'y retournerai, sauf si elle a migré ailleurs d'ici là. 
Le pschitt en question sur mon frigo
Devant le désespoir d'une journée tellement pleine de vide, Frédéric a insisté pour qu'on fasse quelque chose l’après-midi. Faute d’idée d’activité culturelle lumineuse, pas loin et peu coûteuse, ça c'est fini à aller voir les matchs de Starcraft2 au studio de GomTV. 
En effet, hier à la GSTL, l’équipe IM jouait contre l’équipe Fnatic, equipe Fnatic dont le capitaine de la division Starcraft II est ToD, qui est français. (IM+SK) ayant des grosses têtes d'affiche comme MVP ou Nestea (MC était absent), nous voulions au départ y aller avec comme arrière pensée qu'on allait sûrement voir Fnatic se faire rouler dessus (vous avez vu comme on est méchants ?).

Pour les non-initiés je rappelle le format : Tous les matchs sont en BO1 et la première équipe à éliminer 5 joueurs de l’équipe d'en face gagne.    

Equipe Fnatic
Je ne vais pas tout de suite parler de Starcraft, mais plutôt je vais vous mentionner une mauvaise habitude prise en Corée : celle de penser tout haut en français. Commentaires douteux sur une coréenne devant nous et qui ne se doute de rien, taunts divers lorsque nous croisons quelqu'un dans une tenue vestimentaire improbable (si quelqu'un a des informations sur un hôpital psychiatrique près de Mokdong, on croise plein de coréens en pyjama là-bas), ou sur une grosse caucasienne en train de gravir avec difficulté l'escalier du métro (on assume toujours que c'est une américaine), japonaise suçant sa glace de manière équivoque, et j'en passe.
Et quand nous avons vu ToD, ça a été le cri venu du fond du coeur : " OMG ! Ce pantalon de survêtement bleu ! Ca pique !" (ToD, si tu nous lis xD)
Et là, nous avons eu la révélation : il n'est vraiment pas loin, il est français, et donc s'il nous entend, il comprend ce qu'on dit ! Et justement, surgissant de la rangée derrière nous est arrivé quelques minutes après un pote de ToD qui l'accompagne dans son périple en Corée et qui voulait un fauteuil plus près.
Il s'est posé à côté de nous et on a donc pu discuter un peu avec lui. Nous avons appris qu'avec ToD, ils avaient écumé les boites de nuit depuis 48h et n'avaient pas beaucoup dormis, et que les probabilités que ToD joue ce soir variaient de faibles à inexistantes. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, il n'y a pas nécessairement de lien de cause à effet.
Une photo floue, mais on voit bien le pantalon en question.
Fred a pu constater qu'il y avait des gens bien plus geeks et branchés Starcraft2 que moi. Le pote de ToD connaissait par cœur tous les joueurs de deux équipes, les historiques des derniers matchs, les codes, tout ! Moi à part les grandes figures genre MVP, Nestea, et Moon dont je connais un peu le parcours et quelque uns que je connais de nom de de réputation : aLive, Happy, Seed, et ToD parce qu'il est français ; je suis loin d'être aussi calé que ne l'était notre voisin.
Ça n'a pas empêché un nerdgasm lorsque Moon a été choisi pour jouer en premier pour l'équipe Fnatic. Comme l'a justement fait remarqué Frédéric, Moon a l'air plus vieux que les autres joueurs. Il l'est pauvre fou ! Il a inventé tous les BO des elfes sur Warcraft III ! Aurait-il approprié de lui demander un autographe lorsque je l'ai croisé aux toilettes pendant la pub (voir article sur les toilettes sociales), je ne sais pas, mais j'ai pas osé.

Equipe Fnatic again !
Côté GomTV, quelques nouveautés aussi, comme on a bien chaud en ce moment en Corée et que ça va empirer, ils donnent maintenant des glaces aux spectateurs pendant les pages de pub.

Equipe IM
Grosse surprise, l'équipe Fnatic a sorti IM par un score de 5-2, éliminant ainsi IM de la GSTL. La soirée a donc été pleine de surprises ! En effet, il semble que les grosses pointures de IM, outre le fait qu'elles n'aient pas toutes jouées, soient moins a l'aise sur ces formats de GSTL en BO1. Il est plus difficile de tout donner sur un match quand on a l'habitude de jouer sur la durée. Il est également indéniable que ByuL a particulièrement bien joue côté Fnatic en éliminant tout de même 4 joueurs, apportant ainsi la victoire à son équipe.

Moon >> YoDa
Moon << YongHwa
aLive << YongHwa
ByuL >> YongHwa
ByuL >> Seed
ByuL >> Happy
ByuL >> Nestea
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Fnatic 5 - (IM+SK) 2

Nous avons ensuite fini la soirée avec une rage de sphRt qui a encore échoué ses pronostics au Mc Donald's de Mokdong, histoire de se souvenir un peu de la nourriture grasse et du goût des patates !